Ouvre les yeux, regarde le temps qui passe et qui en casse d'autres que toi.
Mais ne t'oublie pas dans ce paysage. N'oublie pas que le soleil a déjà brillé et qu'il le fera certainement encore. Rappelle-toi ces journées ensoleillées. N'oublie jamais ton sourire sur ton visage. T'as beau dire que t'y crois encore. C'est faux. Tu penses plus à tout ça. Parce que les jours passent et finalement c'est pour eux que t'avances. Tes rêves tu les as abandonnés sur le bord de la route. Espérant que quelqu'un passerait et les prendrait sous son aile. T'as peur de pas être à la hauteur. Mais jusqu'ici t'as toujours tenu. Refusé de lâcher et de te laisser partir. Ca n'a pas touours été facile mais t'as continué.
Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi tu laisses tes espoirs s'envoler ?
Tu gardes le sourire mais c'est pour eux. Tu te retiens de pleurer. Même quand t'es seule. Tu sais que sinon tu te relèveras pas. Quand tu y repenses tu te dis que tu as passé un bon moment finalement. T'as appris à cacher ce que tu ressens. Ta douleur est gravée dans ta tête. Mais personne ne le voit. C'est ce que tu veux. C'est mieux ainsi, que tu crois.
Tu les regardes toujours. Eux. Tu sais que certains souffrent aussi. Tu te dis qu'ils vivent pire. Alors tu continues à te taire. De temps en temps tu vas parler. Mais c'est pas à eux que tu parles. C'est soi à une personne que tu sais que tu vas rapidement oublier. Enfin non. Jamais tu ne l'oublieras. Mais tu ne la reverras pas et c'est presque pareil. Ou alors à cette personne que tu connais depuis si longtemps. Qui te connais si bien. Et de toutes façons, même quand tu parles, tu ne dis jamais tout. Ce qui te pèse tellement tu le banalises. Tu te sens si vulnérable. Tu ne veux pas appeler au secours. C'est une preuve de faiblesse. Selon toi.
Tu apportes tant que ça de l'importance au regard des autres ? Il faut croire que oui. Car quand on te demande pourquoi tu préfères ne rien dire, tu réponds toujours que c'est à cause du regard des gens. Tu sais qu'il va changer alors tu t'enfermes dans le silence. Pourtant quand t'es partie lui parler, rien chez elle n'a changé. Mais tu sais que c'est éphémère. Que dans quelques mois tu partiras. Que tu ne seras qu'un vague souvenir dans sa mémoire. Quelque part ça te rassure. Tu ne veux pas faire souffrir les autres.
En attendant tu vois les autres qui ont mal. Tu leur dis de se confier. Jamais tu ne trahis les secrets. Tu sais trop ce que c'est. Alors on te fait confiance. On te rajoute des poids sur les épaules. Mais toi tu fais comme si de rien n'était. Tu les aides. Tu leur apportes des conseils. Les mêmes que tu devrais suivre pour toi aussi. Mais tu n'en as plus la force. Alors tu fais en sorte que les autres fassent ce que tu sais le mieux. Sans jamais suivre cette petite voix dans ta tête qui te dit de faire la même chose. Tu parles avec de belles phrases. Tu dis que tu connais quelqu'un qui connait quelqu'un ... Tu te caches derrière ces amis d'amis. Comme ça tu parles un tout petit peu de toi sans que les autres le sachent.
Tu sais que ce monde n'est fait que d'illusions. Mais ça t'arrange. Comme ça tu n'as pas trop d'efforts à faire pour qu'ils croient que ça va. Tu demandes aux autres tout ce dont tu es incapable. Tu leur dit de parler. Que ça va leur faire du bien. Mais jamais tu ne le fais toi.
Pense à toi. Arrête de vivre pour les autres. Vis pour toi. Sinon tu vas te perdre. Tu le sais pourtant. Tu sais que leurs sourires aussi cachent de la douleur. Ne crois pas qu'ils sont heureux. Tu vas te noyer dans les illusions que tu te fabriques.
Ouvre les yeux, regarde le temps qui passe et qui en casse d'autres que toi.